POESIEX l'atelier de poésie de l'Université Paris Ouest Nanterre

07.11.2009

Old style:Tuniques radars-février 2008, après le concert de Benoit BlueBoy, Patrick et Steeve Verbeck au méridien

 

 

 

Défait, comme un rat mort

Si c'est rond comme un con

Y-aller à retors

Et cuver un ballon;

.

Si bourré comme un coing,

A côté de Caton,

Dessaouler dans un coin

Puis suivre le vallon

.

Diriger à l'orée,

De la raie de tes fesses

Et à toi destiner,

Les plus basses faiblesses;

.  

T'honorer en taisant

Bien sale vérité,

Le poids de tes ans

Et enfin t'oublier,

.  

Car mieux vaut écouter

Les coups d'un air de blues

Que dormir à côté

De femmes qui vous blousent;

.  

Si l'art me niquera

Tant me coûte le temps,

Mieux vaut l'harmonica

Qu'une balle en argent,

.     

Cauchemar ambulant!

Moretti est parti

Si tard même en buvant,

Botero est en vie;

.  

Si mauvaises années,

Tant son art te ressemble,

Vache maigre à manger,

Pourtant grasse me semble,.

. 

Tu es l'oubli de l'âme

Qui longe la grand-rue

En quête de ces femmes

Qui exhibent leurs culs...

.

Je te donne en viscère

Le cadeau de ta mère

Le poids de ton cancer

En flammes de l'enfer

 

Ma douleur, je la laisse,

Loin en toi, porte Hadès...

LAURENT SENANEDJ

06.11.2009

Temps n'est que questions sur la jetée d'une vie d'interrogations-5novembre 2009

Est-ce que l'enfant du petit fils de mon enfant se souviendra encore de mon père?

Et son enfant aura-t-il souvenir de moi?

Est-ce que l'iris des démons de l'instant s'ouvrira aux remords où l'on se perd

Quand la clameur des moments de joie se taira?

 

Est-ce que le temps aura fini de noyer l'oubli dans l'océan de chacun des instants

Si même du temps ne reste que l'instant?

Est-ce que le temps se rappellera de l'empreinte des siècles et du vent

Si le vent n'est plus que le souffle du temps?

 

Ou plutôt le vent emportera-t-il ces traces dans une tempête de sable et d'instants

Même si le vent n'est plus que trace d'instants

Là où le sable ne sera plus que ces grains faits d'instants qu'égraine le temps

Quand du sable se lèvera un être temps?

 

Là où même un démiurge  créateur finirait par s'interroger sur le sens de sa propre création,

Quand cet être prendra visage et corps de chair

Quand bien le secret de l'abîme trouvera un gouffre sans réponses et plein de questions,

Un abîme où le signe et le sens se trompèrent;

 

Que faudrait-il accepter de faire pour se rendre compte de la vérité?

Affronter les affres qu'un devin prédit?

Accepter de vivre dans un monde où tout n'est que vanité

Et se draper dans un égoïsme maudit?

 

Ou refuser de survivre dans un enfer où l'illusion serait de croire que chacun est maître de sa volonté

Et où l'illusin même devient égoïsme

Où il existerait même une volonté, propre à chacun, et  un libre arbitre qui devrait nous contenter,

Où l'arbitre chanterait prosélytisme?

 

S'il y a bien un arbitre celui-ci n'est pas plus libre que le combat qui se livre,

Et pieds et poings liés il ne peut même juger,

Il n'est que le spectateur d'une course où s'ébat une meute d'hommes ivres

Dont la foi du réel n'est que peur enragée

 

Qui se déchirent et se tuent juste pour tous mourir à la fin

Acceptant de se prêter au jeu qu'ils font naître

Se livrant un dernier combat où rien n'est noble quand tout a les apparences du rien

Et où l'apparence même nie le paraitre

 

Quand devant le trop, le nombre  et le vouloir ne peuvent crier qu'enfin

Quand il n'est plus rien qui survive aux promesses

Quand il n'est plus rien qui subsiste où pas même l'honneur ne tient,

Qu'il ne reste plus de l'homme que ses faiblesses,

 

Là où toujours se renforce l'image de la vanité qui revient

Plus forte encore que les souvenirs d'images

Quand la jalousie se maquille et que l'orgueil même devient,

Plus noir même que ne l'est un sombre nuage,

 

Le parfum d'une putain qui porte des bas de résille troués,

Venue d'un bouge perdu sur le quai d'un port

Où le temps s'appuie sur une canne comme l'ancre est attachée à la bouée

Près d'une jetée où se perdent les remords;

 

Est-ce que l'enfant du petit fils de mon enfant se souviendra des larmes que j'ai versées?

De ces instants en proie à la douleur du temps

Quand le manque et l'absence du sourire de mon fils étaient mon présent fait de passé,

Là où se perdait cette fuite des instants

 

A la suite de ce si long corridor qui défile et est fait de soupirs,

Si loin et si près de l'expression de son corps

Au delà du souffle d'une vie qui expire,

Et bien avant pourtant l'instant de notre mort;

 

Mon fils es-tu le cadeau de la vérité

Ou bien es-tu celui qui la leur portera?

Mon fils garde toi des excès de vanité

Car elle n'est qu'illusion qui te bernera;

 

Bien que rien ne puisse exister en dehors d'elle

Elle n'est que fumée et tentation substantielle,

Oubli de l'âme et avilissement du corps

Là où même n'existe plus aucun remords,

 

Mon fils n'oublie pas que tu es plus fort que ça,

Montre leur donc les voiles que le temps hissa

Et montre leur leur véritable identité,

La vérité est bien loin de la vanité...

 

04.11.2009

Cri stèle d'émotion tient cap vers ton regard non loin de la naissance de l'art-3 novembre2009 dans la nuit+ 25 octobre

Sur tes lèvres un ange se dessine

Tandis que résonne au loin

Une complainte assassine

Dans un écho qui reflète l'airain

 

De l'éclat de tes yeux

Quand en toi résonne l'enfance,

Cet espace est le lieu

Où l'art prend tout son sens;

 

Quand ton sourire me regarde

Là où nait ton visage,

Il n'est de sens qui s'attarde

Que l'essence d'un présage,

 

Là où s'éclaire ton regard

Il renaît une envie,

Où la volonté s'égare

Dans les reflets de la vie...

 

Que me faut-il voir

Que je n'ai déja cru,

Quand il faut mieux croire

Ce gout de déja vu?

 

Si la vie ne veut dire

Que des signes d'amour,

Peut-elle alors s'écrire

Là où se lève le jour?

 

Est-ce que je pourrais encore aimer

Un matin devenu

Le crépuscule de l'acmée

D'une course de corps nus?

 

Vers qui vers quoi offrir la passion

D'un christ à demi dieu,

Ou d'un dieu devenu roi de la création

D'un ange qui aurait tes yeux?

 

Si la couleur de ta peau est noire

Ton coeur est clair comme ton âme,

Et en toi renaît l'espoir

D'aimer à nouveau une femme;

 

Métis sera l'avenir

De la route des humains,

Là où ne pourront s'épanouir

Que des couleurs en chemin,

 

Et plus éclatant sera le mélange

De ces teintes de  noirs et de blancs,

Là où viendra se poser le sourire d'un ange,

Quelque part auprès de l'espoir et du temps,

 

Là où muet te regarde l'art

Comme l'enfant qui est né,

Près de ton regard, toute une histoire,

L'amour, un mot retenu, l'enfance, une promesse donnée...

katou katou Levy Strauss

Katou Katou Levy Strauss

Comme l’au revoir de l’Améridien

Comme la plainte de demain

Comme l’éveil que tu as semé

Toi qu’on ne tutoyait jamais

Comme l’adolescent qui te lis

Comme ceux qui ne font plus d’enfants

Par amour de l’humain

Comme ceux qui luttent à présent

En se tenant la main

Comme ceux qui t’ont lus

Qui t’ont crus et qui t’aiment

Comme les peuples disparus

Comme les plantes éteintes

Comme l’avenir sans hommes

Katou Katou Levy Strauss

Merci merci malgré tout

Comme tout à une fin

Comme nous irons demain

Redire aux imbéciles

La force aux poings

Le rire aux dents

Le désespoir à porté de mains

Comme tout fut détruit

Comme tout fut éteint

Malgré ta présence

Malgré tes écrits

Cassandre a 101 ans

Noyée dans le bain

De l’indifférence

Katou katou Levy Strauss

Nous porterons pour toujours le masque

De ton absence.

Olivier Schneider

bienvenue à tous!

Bienvenue aux nouveaux de l'atelier! Fouad, Cakirkar, Christelle, Calvin, Magda,... nous sommes une quinzaine à présent, vive la poésie!

La Terre finira sans les Hommes

Les nuages ne tombent que chez les autres

Et l’eau ne manque qu’aux voisins

La pluie ne fait s’écrouler

Que les cases en terre

Et la mort des pingouins

Ne gène que les eskimos

 

C’est drôle que nous

Sommes protégés du malheur

De la souffrance

Et de la pauvreté

C’était comme si Dieu n’était bon

Qu’avec nous

La nature ne sourit qu’à ses protégés

 

Il y a des tempêtes aux caraïbes

Il y a des tiphons loin de nous

On se noie encore aux Philipinnes

Et l’Afrique recommence à sécher

 

Mais nous on va au parc

A la piscine aménagée

C’est fou qu’il y ait autant d’immigrés

Il va falloir les noyer

(La seule chose qui m’ennuie

C’est qu’il parait

Que Tahiti va couler

Et toutes les îles féériques

Où il faisait bon se baigner…)

(soupir)….

 

Les pauvres subissent les foudres,

Les tempêtes, la saleté,

Nos déchets et nos publicités,

On ne veut pas qu’ils apportent ici

Leur mauvaise destinée

 

Quand je regarde la télé

Je vois des émigrés se noyer

Ou se faire agresser

Ça m’excite et me dis c’est bien fait

Ils n’avaient qu’à pas être si pauvres,

Vivre tous nus au milieu des déchets

Il faut faire quelque chose : il faut bien les noyer

Les noyer les noyer les noyer

Et nous noyer avec.

 

Olivier Schneider

02.11.2009

Là où l'éclat des voies se perd, des vois chutent dans le vertige des échos de l'âme-2 novembre 2009

Sur ce torrent de voies

Où les voix se répondent,

Il n'y a qu'une image de toi

Qui me rassurera,

Quelque part, là où abondent

 

Ces reflets sans images,

Tous ces grains de poussière

Qui s'en vont en voyage

En autant de poudres de visages

Vers des pays éphémères;

 

Pourquoi n'es-tu pas près de moi

Tout contre mon amour de père?

Pourquoi ne demeures-tu pas là

Où mon amour ne pense qu'à toi,

Près d'une envie où le sentiment se perd?

 

Quelle est donc la raison

De la folie de cette mère?

Plus de temps pour le pardon,

Il est temps de laisser cette prison

Qui ne me laisse qu'un goût amer;

 

Je veux te tenir tout contre moi,

Et j'en ai assez de cet hiver,

Cette saison m'éloigne de toi,

Maudite saison qui ne meurs pas;

Remonteras-tu le courant de ces vers,

 

Je franchirais bien encore l'océan

Si je pouvais te tenir dans mes bras,

Je braverais tous les mauvais vents

Et j'irais vers toi mon enfant

Pour te sentir encore une fois,

 

Sur mes épaules ou contre mon dos,

Ou au fond de cette cour te voir courir,

Là où l'écho de ton rire est si beau,

Là où tu es plus que tout ce que l'or du monde vaut,

Quand ne compte plus que l'instant de tes sourires;

 

Mon enfant je ne pense qu'à toi,

Il me faut te retrouver,

Là où ton souvenir se débat

Il n'ya que ton image près de moi

Qui demeure contre mon coeur entravée

 

Là où même mon âme est déchirée,

Je pense à toi, je pense aux jours où tu étais là,

Il n'y a que cette image qui peut m'aider

A pouvoir nager contre cette marée

Qui m'attire vers l'abime où tu n'es pas;

 

Je regarde devant et pense à toi

C'est pourquoi je survis bien malgré tout,

Dans une maison qui n'a pas de toit,

Dans cet univers où tu n'es pas là,

Quelque part où le rien cherche le tout,

 

Et où plus rien ne peut plus exister

Loin de l'amour et loin de l'enfant,

Où seule une mère voudrait nier

L'essence d'un père, l'essence de la vérité;

Petite souris près d'un rose éléphant,

 

Ta force sera de savoir

Et de ne jamais oublier

La force et le poids de la mémoire,

Là ou être c'est un peu croire

Qu'à la fin de la partie gagne l'entier;

 

Sur ce torrent de voies

Où les voix se répondent,

Il n'y a qu'une image de toi

Qui me rassurera

Quelque part, là où abondent

 

Des rêves que l'on aimerait ne pas faire,

Où le rêve s'appelle cauchemar,

Ou l'avoir combat le faire,

Et où l'absence désespère

Si loin quand il se fait tard,

 

Entre l'obscurité de l'espace

Et l'éclat de ce soleil,

Tu es le signe de la trace

Que laisse l'espoir qui passe

Quand le rêve s'éveille

 

Et qu'il n'y a plus que l'ombre d'un matin

Qui conserve la rosée

D'un sombre ciel de satin

Où la cime des arbres atteint

Une complainte sur une branche posée;

 

Acteur principal et responsable de mon histoire

Il me faut affronter la réalité,

Au delà des frontières qui nient le savoir

Et qui m'empêchent même de te voir,

Il me faut retrouver le chemin de la vérité,

 

Car je sais qu'au bout de ce chemin

Tu es là, à la porte de moi

Et que les questions qui se posent en vain

Ne sont que le souci de l'horizon et du lointain

Et ne font que m'éloigner de toi;

 

Guérison, refuge et aboutissement,

Les réponses c'est bien toi qui les détient,

Au travers de l'avenir d'un présent qui se ment,

Où l'instant est comme le châtiment,

Une once de l'amour et du temps de la foi qui te contient,

 

Là où les ronces de l'âme cachent l'éclat du jour

Et où s'épanouit le besoin de te retrouver

Près de mon coeur tu seras toujours,

La réponse de l'amour à la colère de la haine soulevée

Contre l'écrin où ton image près de mon coeur est lovée,

 

A l'aune d'une minute où le présent se noie dans le passé,

Là où se dilue l'annonce de l'avenir,

Où la marche du temps contre l'instant ne peut crier qu'assez

Autant que l'origine de ton amour est délaissée

Là où le temps tout comme l'instant ne font que s'enfuir

 

Au gré des mornes et des alizes

Où plus rien ne retient l'orin qui rattache les ancres

Quand le corail contre l'oursin éclaire d'un bleu rosé

Un océan d'écumes dont même les remous de l'eau sont usés

Et où les bleus de ces reflets sont tristes comme une plume qui n'a pas d'encre,

 

Tandis que les bleux de mon âme sont comme des vaguelettes

Insipides et tranchants comme des lames d'acier

Cruels et mauvais comme des complaintes muettes

Assassines et meurtrières comme un poison qui se distille en cachette,

Amaigris et menus comme des fossiles  de rostres émaciées;

 

Là où le temps qui file ne me rappelle que ton absence

Quand défilent les instants le long du vide de ce gouffre

Où s'enfuient le début et la fin, l'origine du sens,

Quand ton regard est venu, souvenir du jour de ta naissance,

Où les cordes du temps se perdent quand je ne suis plus que ce père qui souffre

 

Laurent SENANEDJ