02.11.2009

Là où l'éclat des voies se perd, des vois chutent dans le vertige des échos de l'âme-2 novembre 2009

Sur ce torrent de voies

Où les voix se répondent,

Il n'y a qu'une image de toi

Qui me rassurera,

Quelque part, là où abondent

 

Ces reflets sans images,

Tous ces grains de poussière

Qui s'en vont en voyage

En autant de poudres de visages

Vers des pays éphémères;

 

Pourquoi n'es-tu pas près de moi

Tout contre mon amour de père?

Pourquoi ne demeures-tu pas là

Où mon amour ne pense qu'à toi,

Près d'une envie où le sentiment se perd?

 

Quelle est donc la raison

De la folie de cette mère?

Plus de temps pour le pardon,

Il est temps de laisser cette prison

Qui ne me laisse qu'un goût amer;

 

Je veux te tenir tout contre moi,

Et j'en ai assez de cet hiver,

Cette saison m'éloigne de toi,

Maudite saison qui ne meurs pas;

Remonteras-tu le courant de ces vers,

 

Je franchirais bien encore l'océan

Si je pouvais te tenir dans mes bras,

Je braverais tous les mauvais vents

Et j'irais vers toi mon enfant

Pour te sentir encore une fois,

 

Sur mes épaules ou contre mon dos,

Ou au fond de cette cour te voir courir,

Là où l'écho de ton rire est si beau,

Là où tu es plus que tout ce que l'or du monde vaut,

Quand ne compte plus que l'instant de tes sourires;

 

Mon enfant je ne pense qu'à toi,

Il me faut te retrouver,

Là où ton souvenir se débat

Il n'ya que ton image près de moi

Qui demeure contre mon coeur entravée

 

Là où même mon âme est déchirée,

Je pense à toi, je pense aux jours où tu étais là,

Il n'y a que cette image qui peut m'aider

A pouvoir nager contre cette marée

Qui m'attire vers l'abime où tu n'es pas;

 

Je regarde devant et pense à toi

C'est pourquoi je survis bien malgré tout,

Dans une maison qui n'a pas de toit,

Dans cet univers où tu n'es pas là,

Quelque part où le rien cherche le tout,

 

Et où plus rien ne peut plus exister

Loin de l'amour et loin de l'enfant,

Où seule une mère voudrait nier

L'essence d'un père, l'essence de la vérité;

Petite souris près d'un rose éléphant,

 

Ta force sera de savoir

Et de ne jamais oublier

La force et le poids de la mémoire,

Là ou être c'est un peu croire

Qu'à la fin de la partie gagne l'entier;

 

Sur ce torrent de voies

Où les voix se répondent,

Il n'y a qu'une image de toi

Qui me rassurera

Quelque part, là où abondent

 

Des rêves que l'on aimerait ne pas faire,

Où le rêve s'appelle cauchemar,

Ou l'avoir combat le faire,

Et où l'absence désespère

Si loin quand il se fait tard,

 

Entre l'obscurité de l'espace

Et l'éclat de ce soleil,

Tu es le signe de la trace

Que laisse l'espoir qui passe

Quand le rêve s'éveille

 

Et qu'il n'y a plus que l'ombre d'un matin

Qui conserve la rosée

D'un sombre ciel de satin

Où la cime des arbres atteint

Une complainte sur une branche posée;

 

Acteur principal et responsable de mon histoire

Il me faut affronter la réalité,

Au delà des frontières qui nient le savoir

Et qui m'empêchent même de te voir,

Il me faut retrouver le chemin de la vérité,

 

Car je sais qu'au bout de ce chemin

Tu es là, à la porte de moi

Et que les questions qui se posent en vain

Ne sont que le souci de l'horizon et du lointain

Et ne font que m'éloigner de toi;

 

Guérison, refuge et aboutissement,

Les réponses c'est bien toi qui les détient,

Au travers de l'avenir d'un présent qui se ment,

Où l'instant est comme le châtiment,

Une once de l'amour et du temps de la foi qui te contient,

 

Là où les ronces de l'âme cachent l'éclat du jour

Et où s'épanouit le besoin de te retrouver

Près de mon coeur tu seras toujours,

La réponse de l'amour à la colère de la haine soulevée

Contre l'écrin où ton image près de mon coeur est lovée,

 

A l'aune d'une minute où le présent se noie dans le passé,

Là où se dilue l'annonce de l'avenir,

Où la marche du temps contre l'instant ne peut crier qu'assez

Autant que l'origine de ton amour est délaissée

Là où le temps tout comme l'instant ne font que s'enfuir

 

Au gré des mornes et des alizes

Où plus rien ne retient l'orin qui rattache les ancres

Quand le corail contre l'oursin éclaire d'un bleu rosé

Un océan d'écumes dont même les remous de l'eau sont usés

Et où les bleus de ces reflets sont tristes comme une plume qui n'a pas d'encre,

 

Tandis que les bleux de mon âme sont comme des vaguelettes

Insipides et tranchants comme des lames d'acier

Cruels et mauvais comme des complaintes muettes

Assassines et meurtrières comme un poison qui se distille en cachette,

Amaigris et menus comme des fossiles  de rostres émaciées;

 

Là où le temps qui file ne me rappelle que ton absence

Quand défilent les instants le long du vide de ce gouffre

Où s'enfuient le début et la fin, l'origine du sens,

Quand ton regard est venu, souvenir du jour de ta naissance,

Où les cordes du temps se perdent quand je ne suis plus que ce père qui souffre

 

Laurent SENANEDJ

 

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