06.11.2009

Temps n'est que questions sur la jetée d'une vie d'interrogations-5novembre 2009

Est-ce que l'enfant du petit fils de mon enfant se souviendra encore de mon père?

Et son enfant aura-t-il souvenir de moi?

Est-ce que l'iris des démons de l'instant s'ouvrira aux remords où l'on se perd

Quand la clameur des moments de joie se taira?

 

Est-ce que le temps aura fini de noyer l'oubli dans l'océan de chacun des instants

Si même du temps ne reste que l'instant?

Est-ce que le temps se rappellera de l'empreinte des siècles et du vent

Si le vent n'est plus que le souffle du temps?

 

Ou plutôt le vent emportera-t-il ces traces dans une tempête de sable et d'instants

Même si le vent n'est plus que trace d'instants

Là où le sable ne sera plus que ces grains faits d'instants qu'égraine le temps

Quand du sable se lèvera un être temps?

 

Là où même un démiurge  créateur finirait par s'interroger sur le sens de sa propre création,

Quand cet être prendra visage et corps de chair

Quand bien le secret de l'abîme trouvera un gouffre sans réponses et plein de questions,

Un abîme où le signe et le sens se trompèrent;

 

Que faudrait-il accepter de faire pour se rendre compte de la vérité?

Affronter les affres qu'un devin prédit?

Accepter de vivre dans un monde où tout n'est que vanité

Et se draper dans un égoïsme maudit?

 

Ou refuser de survivre dans un enfer où l'illusion serait de croire que chacun est maître de sa volonté

Et où l'illusin même devient égoïsme

Où il existerait même une volonté, propre à chacun, et  un libre arbitre qui devrait nous contenter,

Où l'arbitre chanterait prosélytisme?

 

S'il y a bien un arbitre celui-ci n'est pas plus libre que le combat qui se livre,

Et pieds et poings liés il ne peut même juger,

Il n'est que le spectateur d'une course où s'ébat une meute d'hommes ivres

Dont la foi du réel n'est que peur enragée

 

Qui se déchirent et se tuent juste pour tous mourir à la fin

Acceptant de se prêter au jeu qu'ils font naître

Se livrant un dernier combat où rien n'est noble quand tout a les apparences du rien

Et où l'apparence même nie le paraitre

 

Quand devant le trop, le nombre  et le vouloir ne peuvent crier qu'enfin

Quand il n'est plus rien qui survive aux promesses

Quand il n'est plus rien qui subsiste où pas même l'honneur ne tient,

Qu'il ne reste plus de l'homme que ses faiblesses,

 

Là où toujours se renforce l'image de la vanité qui revient

Plus forte encore que les souvenirs d'images

Quand la jalousie se maquille et que l'orgueil même devient,

Plus noir même que ne l'est un sombre nuage,

 

Le parfum d'une putain qui porte des bas de résille troués,

Venue d'un bouge perdu sur le quai d'un port

Où le temps s'appuie sur une canne comme l'ancre est attachée à la bouée

Près d'une jetée où se perdent les remords;

 

Est-ce que l'enfant du petit fils de mon enfant se souviendra des larmes que j'ai versées?

De ces instants en proie à la douleur du temps

Quand le manque et l'absence du sourire de mon fils étaient mon présent fait de passé,

Là où se perdait cette fuite des instants

 

A la suite de ce si long corridor qui défile et est fait de soupirs,

Si loin et si près de l'expression de son corps

Au delà du souffle d'une vie qui expire,

Et bien avant pourtant l'instant de notre mort;

 

Mon fils es-tu le cadeau de la vérité

Ou bien es-tu celui qui la leur portera?

Mon fils garde toi des excès de vanité

Car elle n'est qu'illusion qui te bernera;

 

Bien que rien ne puisse exister en dehors d'elle

Elle n'est que fumée et tentation substantielle,

Oubli de l'âme et avilissement du corps

Là où même n'existe plus aucun remords,

 

Mon fils n'oublie pas que tu es plus fort que ça,

Montre leur donc les voiles que le temps hissa

Et montre leur leur véritable identité,

La vérité est bien loin de la vanité...

 

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